"À bout portant" #1 de frédéric Lecomte

""À plat de couture" #2 de Frédéric Lecomte

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                           LeS rEvUeS de Frédéric Lecomte, 2022

 

Une exposition en trois temps

 

#1 À bout portant 

du 2 avril au 16 avril 2022

 

#2 À plat de couture

du 21 avril au 4 mai 2022

 

#3 À balle perdue 

du 7 mai  au 21 mai 2022

J'ai commencé ce travail, il y a pas mal de temps par la découpe de simple feuille de verre cathédral, jouant ainsi entre le vide et le plein d'un dessin de bouteille.

J'avais rempli l'atelier de beaucoup de tessons de verre, d'éponge, de machine, j'ai commencé mon travail de la sorte. L'ombre de l'ombre de ces matières baignait dans des inversions, tantôt d'éponges mouillées pour essuyer les accidents trop fréquents de mes coupures ou par la simple découpe du verre de ses transparences.

Aujourd'hui après le papier et ces hasards, le carton et ces coupes, le cut-up vidée de son image, la sculpture tangue jusqu'au mal de mer et la machine qui fend l'air : tout était là depuis longtemps, tout était là juste pour un seul geste et me ramener à l'enfant que j'étais, l'absence.

 

Je vous laisse le soin d'aller et venir et de vous donner à mesurer l'actualité des choses présentées comme mes derniers choix, parce que je vais vite me redire, réinventer des manques d'hier, et pour contrarier mes demains, il est important de jouer de l'instant, du maintenant comme un essentiel.

 

Tout ce beau ciel pour rien, dit-elle de sa prison. Une affaire de femme, 1988 de Claude Chabrol

 

Je ne voulais pas m'exposer de la sorte, mais je manquerais à mes devoirs de ne pas me présenter à vous tel que je suis. J'ai écrit quelques paragraphes que j'ai du mal à sortir de ma tête, de trouver un corps des plus élégants pour vous accueillir, mais de fait, il m'aurait fallu plusieurs vies, et actuellement, je n'en possède qu'une. En prenant bonne note, j'ai tour à tour précisé mes méthodes de travail pour me défaire de ce que j'avais accumulé depuis un certain temps. J'ai pu accompagner le dessin à partir d'une planche de bois tantôt à partir d'une plaque d'aluminium ou d'un morceau de carton et d'en développer une sculpture comme on le ferait d'une simple feuille de brouillon. Tout se joue sur ses encombrements et la possibilité utile pour être prise en compte, pour en dessiner ses creux, ses pleins, ses plis et ses petits arrangements.

 

J'ai un ami d'avant qui me passât un coup de fil pour se tenir au courant de mes états d'âme et un moment donné contre toute attente me dit ses mots d'un ton enjoué :

 

"Elles sont belles tes hésitations, quand on les voit troublées par de tout petit rien presque déjà parti, tenaillées entre un futur qui va s'en aller et un présent qui sans arrêt les préserve de que dalle. Oui, elles sont belles tes hésitations, et rien n'est plus magique que d'en savoir plus, glissé entre le tout savoir et la brièveté furtive d'un moment pour rien. Oui ! Frédéric Lecomte fait de son passe-temps une paresse tranquille, voilà peu de qualité pour un homme qui voulait en faire sa révolution. Mais de révolution, il a trouvé des prolongations comme de ne rien faire qui puisse exagérer son travail, faire comme si de rien n'était, et se promener d'un "je ne sais quoi" à un presque "là". Alors il écrit, il bousille, bricole, être au plus simple du faire, sans bavardage. "Faire avec" pour tirer des plans sur la comète et en faire des tirages grandeurs nature, laisser aux autres l'élégance des salons, être libre de tout pour juste en faire le moins possible parce que l'art n'a rien à voir avec le beau, mais de son sourire, il en a l'éclat." Un tout-en-un. Frederic Lecomte.